02.03.2022
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Sur les traces de l’architecture islamique

Les conquêtes Arabes

La mort de Mahomet en 632, prophète de l'islam, marque un tournant dans l’histoire Arabe. Le monde arabo-musulman, s’appuyant sur une religion considérée comme l'expression de la révélation ultime, part en conquête. Alors que le Moyen-âge occidental est qualifié de sombre et obscur, le monde musulman quant à lui est en pleine apogée. Les califes (commandants des musulmans après la mort de prophète) commencent alors leurs conquêtes par deux immenses empires : Byzance, à l’ouest et la Perse sassanide, à l’est. Depuis son berceau, l’Arabie, l’Islam se répandit de manière extrêmement rapide à l’Est : en Syrie et en Egypte, puis en Perse, en Asie Mineure (correspond aujourd’hui à la majorité de la Turquie), dans les pays turkmènes, en Afghanistan, en Inde et jusqu'en Chine. Au Sud jusque dans les îles de la Sonde (sud de la partie centrale de l'archipel indonésien) et à l’Ouest dans toute l'Afrique romaine (aujourd’hui le Maghreb), en Sicile et en Espagne. C’est pourquoi vous pouvez observer dans ces pays, de nombreux sites aux influences architecturales arabes.

               

 ©wikipedia

 

Un empire qui regorge de trésors architecturaux

Du VIIIe au XIe siècle, l'architecture islamique a fortement été influencée par l'architecture des terres conquises :

L’architecture gréco-romaine : grâce à la conquête des régions de l’Empire byzantin (Asie Mineure, Syrie, Egypte et Maghreb), les nouveaux commandants musulmans s’entourent d’architectes, de maçons, de mosaïstes et d’autres artisans locaux. Ils ont été formés à l’architecture et aux arts décoratifs byzantins, et ont continué à construire et à décorer dans le style byzantin, qui s’était développé à partir de l’architecture hellénistique grecque et romaine antique.

Tradition orientale : La Mésopotamie et la Perse, malgré l’adoption d’éléments de style représentatif romain, ont conservé leurs traditions architecturales indépendantes, dérivées de l’architecture sassanide et de ses prédécesseurs.

Le Dôme du Rocher (Qubbat al-Sakhrah) à Jérusalem, qui est l’un des bâtiments les plus importants de toute l’architecture islamique, est une représentation parfaite du processus de transition entre l’architecture antique et islamique. Il est inspiré de l’église voisine du Saint-Sépulcre et des artistes chrétiens byzantins ont été recrutés pour créer ses mosaïques élaborées sur un fond d’or. La grande frise de vigne épigraphique a été adaptée du style syrien pré-islamique. Quant aux dômes, ils sont une caractéristique structurelle majeure de nombreuses mosquées et du Taj Mahal au 17ème siècle. Les dômes pointus distinctifs de l’architecture islamique, également originaires des Byzantins et des Perses, sont restés une caractéristique distinctive des mosquées au 21ème siècle.

Plus tard, l’architecture islamique développera des caractéristiques distinctes notamment grâce à la calligraphie ou aux ornements à motifs géométriques et entrelacés.

                                                    

 

Les ornements iconiques de l’architecture islamique

L’utilisation de formes spécifiques, telles que des motifs géométriques compliqués et complexes, des motifs floraux comme l’arabesque, et des inscriptions calligraphiques élaborées, servent à décorer et/ou spécifient l’intention du bâtiment grâce à la sélection et à la signification des textes représentés. Par exemple, les inscriptions calligraphiques qui ornent le Dôme du Rocher citent le Coran et font référence au miracle de Jésus et à sa nature humaine. La calligraphie pour les musulmans est une expression tangible des concepts spirituels, qui ne sont pas liés à la parole. Certains calligraphes ont transposé des images de façon à représenter des humains ou des animaux sous forme graphique, à partir du croisement des lettres de l’alphabet arabe. Les proverbes et les passages complets du livre sacré de l’Islam, al-Qur’ān, sont toujours des sources actives pour la calligraphie islamique à l’époque ou maintenant encore. 

Quant aux formes entrelacées géométriques ou florales, elles constituent un motif infiniment répété qui s’étend au-delà du monde matériel visible (contrairement à la calligraphie qui est l’illustration physique de concepts spirituels). Pour beaucoup de musulmans, ces formes ils symbolisent le concept des preuves infinies de l’existence d’un Dieu éternel. La répétitivité, la simplicité contrastant avec la complexité et la précision suggèrent que notre univers complexe n’est qu’une des nombreuses manifestations de l’Allah infiniment évident et présent, le Dieu unique. La raison de l’absence d’image de Dieu dans l’islam se fonde sur l'idée qu'Allah diffère totalement du reste de la création. Le Coran affirme : « Rien ne Lui ressemble » (42:11) ; « nul ne peut L’égaler » (112:4)

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D’autres éléments architecturaux distinctifs

L'arc outrepassé

Également appelé l’arc en fer à cheval, l'arc outrepassé est omniprésent dans l'architecture omeyyade (une branche de l’architecture islamique présente principalement en Andalousie), dont il est un des éléments les plus marquants, et il orne de nombreux autres édifices.

                                                   

L’arche multifoil

C’est un style d’arche typique de l’architecture islamique d’Andalousie et d’Afrique du Nord, ainsi que de l’architecture du sous-continent indien.  Le terme foil vient de l'ancien mot français signifiant "feuille". Un nombre spécifique de feuilles peut être indiqué par un préfixe : par exemple trèfle pour trois, quadrilobe pour quatre, etc., ou simplement multifil pour plusieurs.

                                                   

Le sahn (en arabe: صحن)

Un sahn est une cour que l’on peut retrouver dans la plupart des structures laïques et religieuses, mais également au sein des habitations. Le sahn a différentes fonctions : mettre en avant l’esthétique des plantes, de l’eau, des éléments architecturaux et de la lumière naturelle ; il créé un espace plus frais avec des fontaines et l’ombre, est source de brise pendant la chaleur d’été. Le cloître est son équivalent dans l’architecture médiévale européenne et ses édifices religieux. Les cours sont ouvertes au ciel et entourées de tous côtés par des structures avec des salles, et souvent une arcade semi-ouverte ombragée. Les sahns disposent généralement d’une piscine à axe symétrique placée au centre, appelée howz. Si elle se trouve dans une maison traditionnelle ou une cour privée, elle est utilisée pour le bain, l'esthétique ou les deux. Si elle se trouve dans le shan d'une mosquée, elle est utilisée pour les ablutions.

                                                   

 

Les jardins

Le jardin Islamique, héritier des jardins persans byzantins, s’est d’abord développé au Proche et au Moyen-Orient et dans les territoires occupés par les Arabes autour du bassin méditerranéen et en Asie centrale. Les Perses, au même titre que les arabes, considéraient le jardin comme un paradis sur terre, un lieu de repos spirituel et récréatif. Le jardin islamique fait appel à tous les sens afin de rappeler le jardin du paradis, promis par Mahomet aux croyants. Typiquement, ces jardins sont construits autour de 4 éléments : l’eau, l’ombre, la couleur et le bruit. L’Islam a ainsi introduit au Moyen-âge ce style de jardin dans l’Espagne Maure dont le plus bel exemple reste l’Alhambra de Grenade et l’Alcazar de Séville. On parle d’ailleurs du style arabo-andalou. Au XIIIe siècle, les Mongols s’installent en Perse et découvrent ces magnifiques jardins. Ils exporteront par la suite l’art du jardin islamique dans le sous-continent indien particulièrement visible sur le Taj Mahal.

                                                   

Les mosquées hypostyles

Également appelées « arabe » pour les distinguer des types iraniens, ottoman et moghol. Elles se composent d’un enclos, carré ou rectangulaire, délimite un espace composé d’une cour à portiques et d’une salle à piliers ou à colonnes.

                                                   

Le mihrab (en arabe : مِحْراب )

C’est une niche architecturale construite dans le mur d'une mosquée pour indiquer la qibla, c'est-à-dire la direction de la kaaba à La Mecque là où les musulmans se tournent pendant la prière.

                                                    

La maqsura (en arabe مقصورة)

Également orthographié maksoura, maqsoura ou maksura, est une pièce privée, de petite taille, caractéristique de l'architecture islamique. Dans le domaine religieux, la maqsura désigne la zone privée réservée au souverain pour sa prière. Cette dernière peut être ou non close. 

                                                                                                          

Interprétation

L’architecture islamique a été appelée « l’architecture du voile » parce que la beauté réside dans les espaces intérieurs (cours et pièces) qui ne sont pas visibles de l’extérieur (vue de la rue). En outre, l’utilisation de formes grandioses telles que de grands dômes, des minarets imposants et de grandes cours est destinée à transmettre le pouvoir.

 

                                                    

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